Carnet de route

Pantoufle le seigneur de l'Olan

Le 24/07/2026 par Armelle

Le jeudi soir, toute l'équipe sauf Titouan qui nous rejoindra demain, se retrouve au paisible camping des eaux douces à Villar-Loubière.
Nous préparons nos sacs le soir car nous monterons au refuge demain matin à la fraiche.
Arrivés au refuge, nous faisons la connaissance de Pantoufle le chat et de Monique, Eglantine, Géraldine et Roussette les 4 poules du refuge.
Ces poulettes ont leur caractère et Pantoufle cache bien son jeu : c'est un féroce félin qui ramène des mulots machouillés et étripés tous les soirs dans les dortoirs créant l'effroi chez les randonneurs.
Nous profitons de l'après midi pour aller grimper dans une jolie voie bien équipée sur le Triangle de la Rouye. Elle se situe sur une aiguille juste après le couloir des sorciers.
Le soir après le repas végétarien, la gardienne nous brieffe sur la météo de l'Isère : elle sera instable avec possibilité d'averses et d'orages localement.
Notre météo (achetée à prix d'or à météofrance) est plus optimiste et nous décidons malgré tout de tenter l'ascension de l'Olan par la voie Escarra.
La gardienne nous annonce que Pantoufle se joindra à nous demain matin et qu'elle laissera son petit baudrier dans le hall.
Décidément ce chat est étonnant !
Après une nuit courte nous nous levons à 3 heure : Pantoufle n'est pas la : serait-ce un mauvais présage ?
Qu'importe, nous nous débrouillerons sans le chat.
Durant la marche d'approche nous essuyons une averse mais la pluie du matin n'arrête pas le pèlerin comme dit l'adage.
Nous nous obstinons jusqu'au glacier et à peine le crampon gauche chaussé, une averse de grêle s'abat sur nous et les flashs d'orage illuminent le ciel dans la nuit.
L'absence du chat s'explique : Pantoufle savait !
Pour nous le message est clair, les esprits sont contre nous : retour au refuge.
Dans l'après-midi le temps s'améliore : une partie de l'équipe part explorer le passage du bâton en mode trailer intrépide : la fin du cheminement demande un pas de montagnard car il est exposé et délicat.
Une cordée repart dans la voie de Rouye et d'Os.
Le soir la météo isérienne de la gardienne est pessimiste : passage d'une séquence instable dans la nuit et la matinée avec même de la neige annoncée à 3000m puis amélioration dans l'après midi mais avec quelques averses possibles.
Notre météo (achetée à prix d'or rappelons le) est plus optimiste et nous décidons de retenter l'Olan malgré les doutes qui nous assaillent. 
La gardienne est septique sur notre décision et note avec humour sur son carnet l'objectif "tentative Olan" avant de se raviser et de mentionner sobrement "Olan" pour épargner notre susceptibilité à fleur de peau.
La soirée notre moral est dans les chaussettes si bien que nous envisageons de sacrifier une poule pour regarder dans ses entrailles et ainsi être fixer définitivement sur la météo.
Mais Pantoufle nous surveille et son regard glaçant nous dissuade de procéder à cette opération qui ne fait pas partie des procédures du club alpin.
Au réveil, surprise : il n'y a pas eu de pluie ni de tempête dans la nuit. Il fait 12 degré et on voit les étoiles.
Le mot d'ordre est donc : "GO".
Nous connaissons maintenant bien la marche d'approche que nous optimisons comme des pros.
Arrivés au glacier : ni grêle ni orage : aucun doute, les dieux sont avec nous.
L'ascension se déroule sans problème, souvent dans les nuages.
Cependant nous n'arrivons pas à faire un chrono de champions, mais il faut dire que nous avons pris le temps de faire des photos.
A la descente les nuages se referment définitivement sur nous et des flocons de neige contribuent à l'ambiance austère.
Tout le monde se rhabille : bonnet, goretex, doudoune et gants sortent des sacs à dos car le vent du Nord nous glace.
Une fois la brèche Escarra re-franchie, les températures redeviennent plus clémentes même si nous évoluons dans la brume. 
Nous arrivons au refuge fiers d'avoir cru en nos chances et partageons un pot de l'amitié.
Le chat ne nous regarde plus avec son regard furaxe et accepte même des gratouilles derrière les oreilles.
Les poulettes aussi se joignent à notre apéro et réclament des noix de cajou : cot cot cot.
L'heure est venue de redescendre dans la vallée et d'imposer à nos pieds et nos épaules des supplices supplémentaires.
Mais pourquoi allons-nous en montagne de notre propre gré ?







CLUB ALPIN FRANCAIS DU COUDON
MAIRIE DE LA VALETTE
PLACE GENERAL DE GAULLE
83160  LA VALETTE DU VAR
Permanences :
Tel : 06-19-10-13-21 / Mercredi de 18h30 à 20h00 au stade vallis laeta à la valette
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