Carnet de route
Traversée intégrale de la tête de Lauranoure au pays de Patouland
Le 29/08/2026 par Armelle
La météo de ce dernier week-end d'août s'annonce clémente, mais il faut auparavant braver les orages du vendredi et passer entre les gouttes autant que possible.
Cette première étape est réussie : la police surveille la vallée du Vénéon en furie couleur café au lait mais nous laisse passer, Johan arrivé plus tard devra parlementer avec la gendarmerie pour nous rejoindre.
C'est ainsi que nous débarquons trempés au refuge de l'Alpe du Pin ayant été rattrapés par l'orage dans la montée au refuge.
La gardienne du refuge nous accueille chaleureusement et nous offre un thé vert chaud réconfortant.
Elle pronostique que les autres cordées attendues ne monteront pas ce soir en raison des intempéries mais sera surprise de voir le refuge faire le plein en soirée.
Le problème de l'agenda du CAF du Coudon est qu'il est public : c'est ainsi que chose exceptionnelle aux dires de la gardienne elle-même, 3 autres cordées ont choisi de suivre mon idée de sortie.
Réveil à 3h45 : nous partons pour cette longue traversée qui nous fait gravir des dalles lichéneuses trempées et glissantes puis escalader et désescalader des gendarmes à l'infini.
La redescente n'est pas la partie la plus simple car il faut évoluer sur des dalles lisses et caillouteuses bien exposées pour aller chercher un rappel old school bien dissimulé.
A la fin de la descente de la moraine, nous sommes pris à partie par la patrouille canine. Un border Collie aborde Thomas de façon inamicale et agressive.
Un patou vient à notre contact et grogne tandis qu'un berger d'Anatolie se rapproche et aboie mais en restant à quelques mètres. Heureusement la bergère est là et un discussion cordiale met fin aux tensions : ouf ! nous rentrons au refuge sains et saufs.
Cette longue course de 15 heures aurait pu calmer les ardeurs alpines de quiconque.
Mais pas au CAF du Coudon qui en redemande toujours plus et insiste pour refaire une nuit courte, repartir dans la nuit blafarde affronter les chiens hargneux pour gravir une voie d'escalade de 400m.
Les doigts encore à vif et les muscles raidis, stigmates de la traversée intégrale de la tête de Lauranoure de la veille, nous repartons vaillamment le dimanche pour le Pierrou.
Notre marche d'approche est sérieusement rallongée car nous voulons éviter la zone de parcage des moutons.
L'objectif est la voie Panem. Cette fois, nous sommes la seule cordée car je n'ai pas dévoilé notre projet du dimanche dans l'agenda et que les autres cordées sont toutes redescendues dans la vallée.
Finalement, le plus difficile dans cette escalade est la recherche des rappels car ils ne sont pas dans la voie et sont souvent décalés.
Au fil, de notre descente nous voyons avec inquiétude les brebis redescendre vers nous et investir le pied de la voie avec la ribambelles de chiens (6 chiens de protection).
Le patou et le chien d'Anatolie nous y attendent avec détermination en aboyant.
Jean-Marc se sacrifie et descend le premier pour entamer les négociations avec les chiens.
Le poil hérissé du Patou nous inquiète et nous choisissons de ne pas déplier nos bâtons en signe de paix.
Nous vaquons à nos occupations en tentant de ne plus prêter attention aux chiens : la technique fonctionne et les chiens s'éloignent vexés ne plus être le centre d'intérêt.
Nous entamons notre descente mais patatras, des brebis retardataires croisent de nouveau notre chemin et les chiens reviennent à la charge nous bloquer le passage.
La dernière brebis éloignée pour pouvons enfin nous échapper.
Sur le chemin nous recroisons la bergère qui monte des croquettes multivitaminées pour ses brebis pleines.
Cette fois le border collie non socialisé est en laisse (!).
Nous papotons avec la bergère qui nous félicite pour nos ascensions.
La conclusion de cette sortie est qu'un stage de gestion des rencontres avec les chiens de protection serait un plus dans la formation des cafistes.
Sur la route du retour, nous nous interrogeons : que serait le Pierrou sans ses patous ?




