Carnet de route
Argentera, cime sud, Éperon Campia
Le 30/08/2026 par michel Tardy
Dès notre arrivée le samedi matin, le massif de l'argentera s'impose par sa taille et sa beauté sauvage. Nous comprenons que la sortie sera belle mais pas donnée. Le temps d'avaler quelque victuaille (bio bien sûr) sur le parking et nous voilà partis en direction du refuge bozano qui nous accueillera pour la nuit.
Six kilomètres et 900 de D+ plus tard, nous y voilà. Le refuge est charmant, le temps est au beau fixe. Seule la bière (frelatée ?) d'arrivée nous coupe dans notre enthousiasme et nous oblige à une longue sieste de récupération avant d'explorer plus avant.
Remis de nos libations, nous pouvons maintenant scruter l'imposante face ouest afin de préparer notre course du lendemain. Le temps de repérer au mieux notre approche, d'installer nos sacs dans le dortoir et il est déjà l'heure de dîner.
Antipasti, lasagnes, prima carne, formaggio a pasta molle... Décidément le régime italien fait honneur à sa réputation ! Le strudel du dessert nous achève et nous partons nous glisser dans les bras de morphée malgré l'impressionnant niveau sonore des récits d'aventure de nos camarades transalpins.
Malgré l'heure relativement tardive (6h), nous sommes les premiers au petit déjeuner. Le refuge étant majoritairement occupé par des grimpeurs qui profitent des diverses grandes voies sportives aux alentours. Après avoir fait suffisamment de bruit pour se venger de la veille au soir et entretenir la bonne réputation des français à l'étranger, nous voici déjà les pieds sur le caillou en marche d'approche.
Une heure et demi plus tard, nous trouvons sans hésiter le départ de la voie. 200 mètres de corde tendue et nous arrivons au pied des difficultés : 7 longueurs de grimpe entre III et IV+ que j'appréhende un peu mais, comme le dit notre guide suprême : "on s'en fout, les cotations ça veut rien dire"
Galvanisés par tant d'optimisme nous suivons Sébastien qui ouvre la voie en fier conquérant des cimes.
L'ascension se déroule comme dans un rêve dont seule la douleur de mes petits orteils comprimés par les chaussons me fera sortir. Oui, j'ai mis mes chaussons alors que mes camarades ont gardé les grosses, je finirai par le regretter au bout de 4h dans la voie.
Le rocher est bon la plupart du temps, l'ambiance magnifique, l'itinéraire pas toujours évident mais guidés au mieux par notre lumineux président, nous finirons par sortir (presque) dans les temps de l'éperon Campia.
Une rapide barre de céréale et nous voilà repartis par la voie normale, une succession de vires expo mais bien équipées qui nous permettent de bien protéger notre descente.
1800 m. de D- finiront d'achever mes orteils, même si, selon notre leader éclairé : "le mal au pieds c'est dans la tête" Leçon d'anatomie que j'ai du mal à assimiler car, à l'heure où j'écris ces lignes, j'ai encore du mal à monter et descendre mes escaliers...
Un magnifique week-end dans un lieu qui l'est tout autant. Cet éperon restera gravé dans ma mémoire. Merci mille fois à mes partenaires de cordée !





